Pêche au sébaste: des mesures tardives et insuffisantes

Caroline Desbiens, députée du Bloc Québécois dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix et porte-parole en matière de pêches, et Kristina Michaud, députée d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, restent sur leur faim à la suite de l’annonce du gouvernement libéral, le 26 janvier 2024, concernant l’ouverture de la pêche au sébaste.

Après 30 ans de moratoire et dans un contexte d’effondrement des stocks de crevettes nordiques, la ministre des Pêches, Diane Lebouthillier, a finalement annoncé la reprise de la pêche au sébaste, en allouant un mince quota de 10% aux crevettiers de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent alors qu’ils devront se partager avec le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve un encore plus mince quota de crevettes de 3060 tonnes.

« D’abord, c’est une annonce très tardive. On connaît l’état de la crevette depuis des mois. Plusieurs crevettiers sont désespérés et certains ont déjà quitté le monde des pêches, car ils ne se sont pas qualifiés pour l’assurance-emploi l’automne dernier. Il est trop tard, ils ne reviendront pas! C’est une perte de savoir-faire important qu’il sera très difficile à retrouver », dénonce Caroline Desbiens.

La ministre précise que le travail est toujours en développement et évoque des quotas transitoires en ce qui a trait au sébaste. Des consultations sont toujours en cours et les répartitions par province et par flotte pourraient changer. « Si l’ouverture de la pêche au sébaste apparaissait évidente pour l’industrie des pêches, elle ne règle pas tout du jour au lendemain. Les transformateurs auront certainement besoin de temps et d’argent pour adapter leurs installations, développer le marché et commercialiser le produit. En ce qui concerne les quotas accordés aux crevettiers, ce n’est clairement pas suffisant. Certains seront forcés de rester à quai et la ministre ne parle ni de la possibilité de rachat de permis ni d’un fonds d’aide », déplore Kristina Michaud.

Les députées craignent également que les 8 millions du fonds des pêches du Québec ne soient pas suffisants. Elles ont également une pensée pour les pêcheurs pélagiques qui sont à quai depuis mars 2022 sans aucune aide de la part du fédéral. « La pêche est au cœur de l’économie de l’Est-du-Québec et cette annonce est insuffisante pour assurer une aide raisonnable au secteur. La ministre Lebouthillier doit retourner à la planche à dessin et annoncer plus et mieux pour nos pêcheurs et transformateurs », ajoutent les élues.

Crédit photo: Merinov

Facebook
Twitter